Du raffinage au raffinement

Je viens de lire avec interêt ceci, un article de FinGad (en anglais) qui affirme que l’envolée des prix du pétrole et des céréales est conduite par les grandes banques afin de combler les pertes induites par la fin du marché des subprimes. Capables d’aquérir des titres pour 1/16 de leur valeur, on comprend comment les paris à court terme se nourissent d’un marché au limites du stress alors que les tankers débordent. Mais ce n’est pas le seul aspect intéressant de cet article.

En effet, le rédacteur se livre à quelques comparaisosn chiffrées dont celle-ci :

« Today, Index Speculators are pouring billions of dollars into the commodities futures markets, speculating that commodity prices will increase. …In the popular press the explanation given most often for rising oil prices is the increased demand for oil from China. According to the DOE, annual Chinese demand for petroleum has increased over the last five years from 1.88 billion barrels to 2.8 billion barrels, an increase of 920 million barrels.8 Over the same five-year period, Index Speculators’ demand for petroleum futures has increased by 848 million barrels. THE INCREASE IN DEMAND FROM INDEX SPECULATORS IS ALMOST EQUAL TO THE INCREASE IN DEMAND FROM CHINA.

Contrairement aux journalistes préssurés par leur survie, les financiers n’ont pas peur de s’appuyer sur les chiffres pour gratter la réalité là ou ça la chatouille. Ce data mining à vocation informative devient une discipline à part entière du métier d’informer : le journalisme assisté par ordinateur (CAR).

Cet article du Times est une bonne entrée en matière. Le principe consiste à utiliser une feuille de calcul ou une base de données afin de farfouiller dans les informations à la recherche de « comportements » : similitudes, tendances, singularité… On pourrait apparenter cela à l’analyse d’un statisticien si ce n’est que, dans le cas d’espèce, l’intuition et les intentions du limier de presse ont leur place.

Hélas, les comptables ont déjà une longueur d’avance, eux qui ont inventé les chiffres détachés de la situation materielle et du temps. L’ordinateur qui fournit de nouvelles façons de creuser dans la masse chiffrée octroie également la capacité à revoir de fond en comble une situation trop lisible.

Quelques bons coups restent possibles.

Je me souviens avec une petite larme à l’oeil comment un barème d’évaluation fignolé avec passion par les gars du labo SVM nous permettait de mettre en doute les annonces optimistes des constructeurs de PC. Confronter une info chiffrée à des sources proches peut être une arme redoutable. Comparer le budget d’un projet, d’une mairie, avec des données existantes proches peut facilement confondre les combines. Encore faut-il pour cela que la presse organise ses infos au lieu de les archiver dans la caboche de ses pauvres pisse-lignes.

L’intelligence économique pourrait en faire son gagne-croute…

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