Identité impossible

Ecoutes donc. C’est l’histoire de moi qui se rend compte que le passeport qui lui sert à passer de France à Québec depuis plus de deux ans n’est plus capable de partir passer ses prochaines vacances aux USA. La faute au barbu caché et à ses apprentis pilotes, semble-t-il…

Il trouve facile le site du Consulat de France, une merveille d’ergonomie cubiste, et la page qui lui donne la liste, fort courte, des pièces à fournir pour se refaire faire un passeport qui sache plaire à nos amis étasuniens. Il lui faut, en particulier, une fiche d’état civil avec filliation. Il trouve le site de la mairie de son lieu de naissance, clique facile et commande 2 exemplaires. Ceux-ci arrivent tranquille à son adresse en France et sont rééxpédiés dans la foulée.

Puis, il lui faut UNE photo d’identité format passeport canadien respectant les nomes édictées par l’aviation civile. Il cherche PARTOUT sur le net – des sites de quartier à Google Maps – l’adresse d’un photomaton. RIEN. Il DEMANDE alors à ses contacts Twitter et QUE DALLE. Il décide de partir au centre-ville, pariant sur sa chance pour tomber face à face avec une machine à portraits…

OUAIS, en correspondance à Berry-UQAM, il voit deux machines passablement anciennes dont une propose le fameux format PASSEPORT : 3 dollars. Le truc est antédiluvien, facile à conduire comme un convecteur spatio-temporel décrit par Jules Vernes un soir de beuverie mais, bon, il lui faut sa tronche et il est pas en avance. 3 minutes plus tard, la machine éructe un mouchoir sale sur lequel on discerne assez facilement un alien. Baaaaaaah. 3 dollars pour de l’art, c’est donné. Il repart en pensant beaucoup de mal du Québec (Berry UQAM est la plus grosse statio nde métro de Montréal, à deux pas de la plus grosse fac… mais bon).

BON, il en trouvera un autre dans la VILLE SOUTERRAINE… et, arrivé au centre Eaton, le centre du centre de Montréal, mégapole de 3,5 millions d’âmes (si on compte les haïtiens), il y en a… UN… qui FAIT PAS des photos de passeport. Alors qu’il maudit entre ses dents, il demande à une dame assise derrière un guicher d’information qui lui répond d’aller voir au « Centre japonais de la photo », un vague comptoir qui fait tout deux étages plus bas.

OUI, ils font. C’est 15 dollars les 2 photos… mais elles sont garanties. Merde, c’est le prix d’un bon restau. Il les lui faut. On le prend donc, devant tout le monde, sans pied, avec un reflex numérique et son flash intégré . Bigre. Voila qui est aventureux. On le fait payer et puis on lui dit que les photos seront prêtes dans 15 minutes. ????? C’est du… numérique, non ? Le souk est bondé, il fait un tour de galerie marchande, sans rien voir de très excitant. 10 minutes plus tard, il est de retour et le tenancier daigne enfin lui tendre les deux portraits, les tenant comme si c’était de la merde contaminée. Il les prend et fonce au Consulat pour espérer rentrer avant la fermeture. La France est ouverte de 8h30 à midi. Arrivé, badgé, numéroté, il ouvre la petite enveloppe et découvre DEUX PHOTOS HORRIBELEMENT FLOUES dont une présente en outre une espèce de merde noire en plein front.

Voila comment, en moins de 2 heures et 18 dollars plus taxes, il a appris qu’il n’est plus possible d’avoir une identité décente à Montréal, QC, en 2008. A moins, peut-être, de connaître LA bonne adresse.

4 Responses to “Identité impossible”


  1. 1 fredotcho mai 20, 2008 à 3:26

    Mais enfin j’ai bien fait le tour du Jean Coutu en face de la station Mont Royal et n’y ai vu aucune allusion à des photos d’identtié. Si le Grand Pharmacine peut réaliser ce prodige, qu’il en fasse au moins la promotion😎

  2. 2 Fred Brunel mai 20, 2008 à 4:47

    Arf, tu me fais un peu peur, j’ai aussi besoin de photos d’identite. Si tu trouve vraiment la bonne adresse, je suis preneur.

  3. 3 François mai 21, 2008 à 10:20

    Mon adresse : Pharmacie Jocelyn Lacroix, 5101 rue Saint-Denis.
    Nous avons là de véritables disciples de Nicéphore Niepce : on te tire un tabouret de dessous le comptoir, on t’installe devant un drap blanc. Sans sommation, le flash d’un bridge numérique te claque dans face. Résultat, 4 photos un peu surexposées mais nettes.
    Et ce qui compte, c’est la signature et le tampon au dos de la photo.
    J’ai moi-même tenté de jouer les photographes à notre arrivée au Québec.
    En un tour de Photophop, j’avais imprimé trois planches complètes de photos d’identité respectant tous les critères de Passeport Canada.
    http://www.ppt.gc.ca/cdn/photos.aspx?lang=fra
    Mes œuvres n’ont même pas franchi la barrière de plexiglas de l’hygiaphone.
    La préposée m’a fait savoir que les photos doivent être prises et signées par un photographe professionnel. Comme mon pharmacien du coin?

    Curiosité : La Corporation des Maîtres Photographes du Québec
    http://www.cmpq.qc.ca/Nosmembres/Listedenosmembres/tabid/86/language/fr-FR/Default.aspx

  4. 4 fredotcho mai 21, 2008 à 10:42

    Merveilleux ce site de la Corporation des Maitres Photographes du Québec : il est en noir et blanc et san photos. Le Code d’Ethique laisse rêveur avec g) Je m’abstiendrai de faire des allusions défavorables à un confrère, aussi bien vis-à-vis un client que vis-à-vis un autre confrère.

    Ne faisant pas, pour le moment, partie de cette très honorable Corporation, je me permets de dire que le Centre Japonais de la Photo prend, cadre et imprime des photos floues dont le profil chromatique ferait rire n’importe quel amateur.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s





%d blogueurs aiment cette page :