L’art de la guerre moderne

Un article que Rue89 consacre au dernier bouquin de Paul Aussaresses m’a conduit jusqu’à une version anglaise disponible en ligne du livre « la guerre moderne » de Roger Trinquier. Je reserve mon jugement sur ce que ces deux bonshommes ont fait de leur vie mais il n’en reste pas moins qu’ils ont approché, il y a de cela un demi-siècle, les ingrédients de la guerre mondiale larvée qui se déroule sous nos yeux.

Deux phrases pour tout dire, ou à peu près :

The battlefield today is no longer restricted. It is limitless; it can encompass entire nations. The inhabitant in his home is the center of the conflict. Amidst the continuing movement of military actions, he is the stablest element. Like it or not, the two camps are compelled to make him participate in the combat; in a certain sense, he has become a combatant also. Therefore, it is essential to prepare him for the role he will have to play and to enable him to fulfill it effectively on our side.

Control of the masses through a tight organization, often through several parallel organizations, is the master weapon of modern warfare. This is what permits the enemy to uncover quickly any hostile element within a subjugated population. Only when we have created a similar organization will we be able to discover, and as quickly eliminate, those individuals the enemy tries to introduce among us

Dans un monde ou la guerre n’a plus de périmètre, la théorie militaire envisage que seule façon de garder une bonne dose de contrôle consiste à opérer un monitoring efficace des populations. Je l’ai écrit ailleurs mais le DARPA américain travaille justement à un système expert de détection du terrorisme par croisement de sources d’informations locales. Le Ministère du Recoupement de l’Information et ses dyfonctionnements si bien dépeint dans le « Brazil » de Terry Gilliam n’est pas loin. Pourtant, Trinquier présente très bien les limites de ce type de contre-terrorisme, annonçant en particulier qu’une armée trop équipée, trop consommatrice de sa ressource, ne peut parvenir à répondre de façon adéquate.

Alors quoi ? l’art de la guerre moderne est-il de savoir ne pas la gagner mais plutôt de l’entretenir comme un feu de camp en y balançant tellement de vies et de ressources qu’il fume sans flammes ? La dernière fois de ma vie que j’ai foulé un vrai terrain de combat, j’étais invité au salon du Bourget. Entre les missiles et les drones, des mécaniciens importants accompagnés de pinups de bon goût vendaient des jouets dangereux à des képis dorés. Il faisait beau, tout le monde souriait sur cette grande pelouse qui a vu Lindbergh atérrir. Sur le coup, j’ai pris ça pour une journée réussie. Maintenant, je crois que j’ai en fait visité ce jour-là une des plus grosses usines à terroristes de notre merveilleux monde.

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