Sans Antonio

Quelque peu jaloux du succès lancinant de l’excellent San Antonio de Frédéric Dard, j’ai commis il y a une décennie un faux de plus : SAN DARTICHO dans « Le chien aboie et la fourmi crohonde ». C’est amusant à écrire mais dites moi ce que ça fait quand on le lit.


La Lamborghini de location avalait du freeway depuis une heure et on était pas encore sortis de cette chiée de ville tant taculaire qu’est L.A. A croire que la chaleur d’Août avait fait fondre les buildings au point de noyer la Californie sous le béton. Plus de cent bornes sans dépasser le 70 à l’heure, ils sont salement masos ces ricains. Si tu te demandes ce que je fous si loin de Paris je te répondrai que c’est pas tes billes et que, de toute façon t’as déjà raqué le bouquin. Et si t’oses me questionner sur le fait que je ne roule pas avec ma célèbre EB110, je t’expliquerai avec tact qu’elle est en révision et que je leur ai demandé de regarder pour le petit bruit qui était apparu lors de la poursuite de la page 155 de « Zob de peu de foie, 18Frs ». Lovée dans le cuir Connoly du siège passager, Ingrid se tartinait les nibards au monoï. J’avais accosté cette femelle viking lors de mon arrivée au Triple Gold Supreme Palace Deluxe Hotel of the Beach de Beverly Hills. Elle s’était foutu à poil dans l’ascenseur et je l’avais enchibré malgré le regard médusé du liftier. Plus tard, pantelante, elle m’avait avoué qu’elle était artiste de music-hall spécialisée dans les chorégraphies limonadières topless. Et j’avais donc accepté de la déposer à son boulot à Las Vegas en échange de spécialités bien dégueulasses que la loi française m’interdit de te décrire. Pour ce qui est du cul dégueulasse, les nordiques sont imbattables. Ca doit venir du fait qu’il fait nuit six mois par an dans leur pays de sauvages. Alors, tu penses, à force de s’emmerder sous la couette, ils ont eu le temps d’inventer des trucs avec le mobilier, la bouffe, les animaux, les voisins, le facteur, le cousin Bjorn, le manche du balai Bissel, les jouets du petit, la faune des tundras, le cric de la Volvo et même du hareng. La bas, un vrai petit déj’ ne se conçoit pas sans un Krisproll dans le fion. Elle avait insisté pour me beurrer popaul au tarama et nous n’avions pas dormi de la nuit. Comme les routes sont droites dans le Névada, j’avais coincé mon chibre dans les branches du volant de la Lamborghini. Et alors que Ingrid regardait mon appendice avec une envie qui lui trempait les cuisses, je ne pouvais m’enpecher de penser à mes collègues parisiens et à maman. Cette carcasse puante de Bourbier, le chinetoque intello, le vieux, la momie, ils devaient se faire bien chier sans moi. Mais tant pis pour leur gueule, c’étaient pas eux les héros et ils ignoraient le but de ma mission super secrète que j’avais. Jacques, président des français, avait été clair : « SAN DART, vous êtes l’homme de la… situation. Allez voir si il y a un marché pour le tripoux correzien en… Californie ». Maman m’avait tricoté un costard en laine Pingouin spécialement pour l’occasion. Elle se souvenait encore avec émotion du soir ou elle s’était fait enfiler par un gars du SAC à la sortie d’un meeting de Giscard en 73.

Las Vegas et posé sur le désert du Nevada comme une merde dans un chiotte à la turc. De jour, t’as l’impression que des architectes ont fait un concours de celui qui serait le plus con. De nuit, tu te dis que le gars qui vend des ampoules a du se faire remplacer les couilles par des pépites. En parlant de métaux, j’ai un mal fou à sortir ma main du cul d’Ingrid sans abîmer le remontoir de ma Rolex. Et portant, j’en ai besoin pour mettre la Diablo au point mort. « Oui are arrivaide, darling viking » lui dis-je en appuyant sur le poussoir d’ouverture de sa lourde. >En guise de réponse, elle se jette goulûment sur mon chibre sous le regard amusé des deux extra terrestres qui viennent de garder leur soucoupe à côté de nous. C’est ma faute aussi. Pour éviter de charger ma note d’hôtel, je l’ai privé de son petit dej au hareng et elle est en manque de protéines. Bref, elle me pompe les grelots à donf ce qui vaut bien, sans me vanter, trois beaux filets marinés avec leur huile. T’ais-je déjà fait chier avec l’adresse du restau ou je paye pas si je parle d’eux dans mes bouquins ? Non ? Super. Alors, si tu veux voir l’endroit ou je bouffe à l’oeil, vas dans n’importe quel vieux restau parisien hors de prix réputé pour son classicisme chiant et tu as de bonne chances d’être chez un pote à moi. Sois gentil, ne lui dis pas que tu viens de ma part. Rassasiée, Ingrid se dégage avec vigueur du levier de frein à main sur lequel elle s’était empalée et enfile son string puis sort de la guimbarde en lachant un pet de post sodomie en s’écriant dans un français impeccable « tu m’excouze, j’ai la cul pourri ». Blousé par une telle démonstration de classe naturelle, je m’élance à sa poursuite afin de la demander en mariage. Hélas, ma porte refuse de s’ouvrir. Ce con d’extra-terrestre s’est garé trop près de ma chignole et ma porte bute contre son déflecteur antigravitationnel à triple convexion. Furieux, je klaxonne pendant 10 minutes avant de me rendre compte que je peux sortir par la portière de droite. Je bondis hors de la guinde tel un fauve hors d’une sanisette et m’engouffre dans le bar LAS PETASS ou Ingrid est sensée travailler. Ma trajectoire croise celle du comis au vidage dans un grand claquement mat. Ce descendant d’indien WOMIEUKDETULORA – si la qualité des jeux de mots ne te convient pas, achètes des SAS et tu verras que je fais des efforts – m’informe en angliche que c’est un club privé. Très occupé à ramasser les débris de mon appareil dentaire, je lui exhibe ma carte de paiement différé COFINOGA, ma carte de généreux donateur à l’ARC, ma carte d’abonné France Loisirs, ma carte MICHELIN et plein d’autres dont je ne te donnerai pas le nom pour la bonne raison qu’ils n’ont pas envoyé de chèque. Finalement bouleversé par la photo de la tour Eiffel qui orne le fond de mon larfeuille en peau de zob d’escargot de Bourgogne, il me cède le passage en murmurant “beau tipi”. Mais la boite est aussi vide qu’un Kinder sans surprise. Je m’apprête à rebrousser chemin en tournant les talons vers la porte de sortie marquée EXIT lorsque je perçois les échos caractéristiques d’une conversation en Vénusien du Sud – un des 324 dialectes – émanant du vestiaire de l’établissement. Comment je sais que c’est du vénusien ? T’aurais pas tendance à prendre les flics français pour de cons des fois ? J’ai toujours montré une prédisposition pour les langues baladeuses. Et dois-je te rappeler que j’ai déjà été la bas dans l’excellent “Les tentacules du Démon de Vénus, 22 FF. C’est du Vénusien et fait pas chier ou sinon je te le traduis pas. T’as le don de me foutre en pétard avec tes remarques à la con. T’irai pas emmerder Jean d’Ormesson ou Vincent HUGO, hein. Sur les roses qu’ils t’enverraient. Mais moi, non, bonne pomme. Acheté à Monparnasse, jeté à Saint Pierre des Cors. Bon, je m’approche de la porte du vestiaire et je mate à travers le trou de la serrure. C’est banal à chier mais c’est ta faute, tu m’as enervé.

Le spectacle vaut largement un téléfilm sur M6. Deux vénusiens, la combinaison antigravitationelle tombée sur les ventouses postérieures, se laissent frictionner la tentacule baveuse par une professionnelle. On voit bien que la gamine connaît son boulot. Les aliens récitent frénétiquement leur arbre généalogique ce qui est, chez eux, une preuve d’intense excitation. SIBOR, le plus vert des deux, vomit le premier. BROK, certainement plus endurant, parvient à se retenir deux minutes de plus avant de casser la cantoche. La sexualité vénusienne s’exporte mal mais il y a des raisons. Leurs films de cul ressemblent à des documentaires sur l’intoxication alimentaire provoquée par des fruits de mer pas frais. Comme je te l’ai expliqué dans “Ils sont Vénus, ils sont tous là. 24,50 FF Couverture cartonnée”, les habitants de Vénus sont verts, portés sur la bouteille et ultra sensibles aux chatouilles. Ils survivent grâce aux allocations que leurs envoient une partie de la population qui s’est installé sur Alpha du Centaure pour y monter un petit truc de réparation d’hyper espace pour soucoupes. Les deux spécimens qui viennent de prendre leur ventouse devant l’oeil ahuri de ton serviteur, le ci-devant pisse roman-à-cent-balles San Darticho, ont du gagner leur voyage dans une tombola si on en juge par leur badge “gagnant de la tombola du voyage sur Terre”.

De retour dans ma chiotte, je file droit vers le Golden Balls Grand Hotel car je sais que ce palace plaît aux envahisseurs à cause de sa piste de danse en gelée à la framboise. Me faisant passer pour Henri SALVADOR, je parviens à obtenir la piaule contiguë à celle des deux excités. J’ai dans l’idée de leur proposer l’affaire des tripoux correziens de mon ami Jacques. D’un coup d’épaule, j’ouvre une breche dans la cloison afin de remplacer le chocolat sur l’oreiller par une bonne assiette de tripoux quand mon corps se fige. Vissé sur la table de nuit, un Post-It de 1m2, les vénusiens copient sans forcement comprendre, leur rappelle de “ramener Paris avec un peu d’eau au fond”.

Bordel à putes, mon sang ne fait qu’un tour de France. Contrairement au nippon standard, ces deux résidus d’hypocampes ne se contenteront pas d’une tour Effel en vrai toc doré à l’ancienne à poser sur ce qui tient lieu de cheminée dans leur hutte en bouse de gnou. Ils veulent repartir avec l’intégrale de Pantruche intra muros dans la valoche. En bon fils de maçon portos, tu vas me dire que c’est pas réalisable à cause de la variété des fondations qui composent le sous-sol parisien. Je m’y attendais. Mais voilà, pauvre manuel, les vénusiens en ont plus dans le chou que ton vendeur conseil de chez Point P Matériaux. D’un coup de bêche hypra-temporelle à curseurs sub-luminiques, ils te grattent la terre qui colle aux tunnels de métro et ils fouttent tout dans un pochon à poignées renforcées avec un peu d’eau pour pas que ça sèche pendant le voyage. Ils se font pas niquer deux fois. Le dernier coup, ils avaient embarqué l’Atlantide pour faire joli au jardin mais, une fois arrivés, ils avaient du la fouttre aux ordures tellement elle puait à cause des hommes-poissons tous secs. Bref, et même si ça met à plat tes théories sur le transport des grandes cités, les Vénusiens sont une menace réelle que je ne saurai prendre à la légère sous peine de devoir faire un bon paquet de Parsec chaque matin pour aller de Corbeille Essonne au bureau.

Je décide de rentrer Darticho en France pour sauver le monde. Je saute dans mon Concorde privé et, trois heures plus tard, me voilà à Charles de Gaulle. On est en pleine grève des taxis et je décide d’aller au bureau en jogging. Deux jours plus tard, alors que j’approche du périphérique, ma Church droite prend feu. Je parviens à m’extraire avant qu’elle n’explose. C’est décidé, j’achèterai français.

Et voilà pour comble de malchance que ce gros connard de Bourbier envahit mon burlingue en bousant dans son froc de joie de me revoir. Je remarque à peine qu’il tient un jante de bagnole contre son bide flasque. « Eh, l’sandart, r’luque donc voir c’que j’ai z’eu comme trouvaille c’wouikande dans mon bled. J’avons z’eu l’idée en voyant c’quavait fait mon nouveau beauf. L’avait z’enroulé son tuyal d’arrosage sur une jante de deuche pour y faire comme z’un dérouloir. j’me suis pensé que j’pourions faire eudème avec ma bite pour éviter d’me prend’ les cannes dedans. C’que t’en penses ? ». C’était pourtant vrai. Le bibendum lubrique s’était enroulé la queue autour d’une jante rouillée. Quel gros tas de connerie ce mec. « T’attends des applaudissements peut-être, andouille ? » lui répondis-je pour le taquiner. Une telle marque de gentillesse de ma part provoqua un inextinguible élan d’admiration chez cette loche tarée ce qui ne tarda pas à le faire bander. Il saisit juste à temps le sandov qui retenait son gland coincé dans le trou du moyeu et rendit la liberté à son chibre qui siffla en se déroulant. La jante, projetée en l’air, finit sa courte carrière contre le crâne dégarni de Vieudaibri qui n’attendait plus que ça pour crever. Bourbier éjacula longuement en frottant ses couilles sur la moquette en vison de mon bureau. Pendant qu’il vagissait, je décidais de mettre à jour mon herbier. Maman aime bien que mon herbier soit à jour. Mais un mouvement malheureux de mon collègue macula – en un seul mot, lecteur. Cherche dans le dico que je t’ai demandé d’acheter en début d’annèe ou va te faire sucer par une belette andalouse – donc, macula mes fougères tardives. Pris d’un juste couroux et d’une envie de détruire, je me saisis de mon éternel fouet et en appliqua une cinglante sur le gland violacé de mon subordonné. Cette marque de respect lui provoqua une sérieuse envie de baiser. Heureusement pour mon cul, le cadavre encore chaud de Vieudaibri attira sa convoitise. En guise d’obsèques, le vioque finit embroché sur la queue de son collègue dans la position du canard qui passe à la « Cuisine des Mousquetaires » sur la 3 avec cette chienne de Maité. Enfin repu, Bourbier vint me pisser contre la jambe et s’endormit en suçotant son gland. Depuis qu’il était marié à une vraie vache normande, il s’était sérieusement assagi.

Je convoque sur le champ – et non pas sur le chibre – notre petite saloperie citronnée de Mat-Hos, le chinetoque plein de ressources à défaut d’avoir une vraie bite. Après l’avoir humilié en le faisant cracher sur un portait de Mao, je décide d’utiliser le sérum de vérité surpuissant que cette face de coing à mis au point pendant ses heures de loisirs. Marlgré le lezzard Marsio – comme dirait ce chibre bouseux de Bourbier – , je parviens à lui injecter une bonne dose de sa tisane à confessions. Après un petit couinement desesperé – décidément, ces putains de bridés n’ont aucune classe – ill s’affale sur le parquet et me confie, dans l’ordre, le code secret de sa Carte Bleue, le nom de la dame qui l’a dépucelé lors d’un voyage linguistique à Taiwan, sa recette pour faire un porc au caramel vendable à partir d’une portée de chatons et de vieux Carambars, les règles officielles du jeu de Go, l’art du napalm académique – j’attends toujours d’être nommé pour leur montrer à tous ces vieux débris que c’est possible d’être beau, riche, celebre, membré comme une pompe à essence et intellectuel à chier par terre – la marque de sa Seiko à quartz, l’age du timonier, la ton kiki la ton kinoise, et l’endroit ou il planque ses appareils à chasser les extra-terrestres. Il veut encore m’avouer qu’il a eu un oncle qui a participé à la Longue Marche mais qui est revenu au pays en train parce que Li-Peng lui avait payé son billet. Mais j’ai des choses plus importantes à faire pour l’instant que de revisiter le passé coco de face-de-lune. Sauver Pantruche d’une promesse d’alien déchiré à la vodka. Et, crois-moi – ou va te faire tatouer la couille gauche par un pianiste sénégalais -, c’est pas de la tarte.

Ce légume nauséabond de Bourbier me prête sa nouvelle bétaillère Citroën quand je suis à Paris. Je laisse ma Bugatti de 400 chevaux à maman pour qu’elle aille au Mammouth. La pénible contrepartie de cet arrangement réside dans le fait que je dois deux fois l’an passer un week end en Normandie à filmer les ébats des époux Bourbier dans l’herbe. Depuis qu’un curé, zoophile convaincu, a accepté de le marier à une charollaise, ce sac de guano de Bourb’ s’est mis à la vidéo amateur. Il vend des cassettes de sa « femme » à ses bouchers hollandais qui le paye en gouda et en mimolette. Il raffole du fromage fondu qui, dixit le monstre, lui provoque des gazs comparables au propergol. Correctement mis à feu, il parvient à s’elever à trois mètres du sol pendant vingt secondes. Toi, lecteur qui bosse à la NASA, tu sais que je dis vrai puisque l’homme a déjà pété sur la Lune. Bref, le bahut du tas normand est l’engin idéal pour trimballer le matos anti extra-terrestres du bridé abattu. Direction le 13ème arrondissement ou ce cafard vicelard niche avec ses congénères.

C’est dans la cave d’une épicerie spécialisée dans les ordinateurs portables et le soja en tube qu’il entrepose son orphéon à doubles culbuteurs. Mademoiselle TCHANG nous reçoit en souriant. A croire qu’ils roupillent tous avec des élastiques tellement ils aiment sourir . Remarque, avec leur tronche jaune pisseux, il faut bien qu’ils fassent des efforts pour se rendre agréables. Elle s’approche en trottinant comme si elle avait le cigare au bord des lèvres et s’incline à un mètre de nous. Bourbier laisse tomber son futal en velours de chez DAXON sur ses grolles ERAM et s’écrie « Goutte-z-y donc mon nem impérieux si tant qu’taime mett’ ta tronche-z-a la hauteur des braguettes. J’te sers la sauce soja-z-a la fin ». Docile et, comme tous ces boat people, incapable de refuser un bout de barbaque, elle se jette sur le mandrin torsadé de mon adorable grosse chiure de Bourbier et le pompe – de la rivière Kwai. Ca doit la changer des vermicelles. Pendant ce temps, on file à la cave recuperer le toutim. Pas facile de s’y retrouver dans les mécaniques du citron givré : un dégorgeur de poireaux à trois vitesses, une trayeuse à nains, un lèche couilles en bakélite ayant appartenu à Yves MONTAND, un suck-o-matic V8 des années 40, un lanceur à élastiques dans sa boite d’origine et, enfin, un pulvérisateur de jardin Manufrance modifié pour gazer les envahisseurs extra terrestres. Quand on à fini de remonter le matos de la cave, on tombe nez à nez avec une foule excitée qui vient admirer le Gras en action. Il faut dire que mademoiselle TCHANG ne demande qu’à comprendre ce qu’elle fait là. Allongée sur le comptoir de l’établissement de son oncle, elle se fait sévèrement trousser par mon collègue qui en profite pour faire marrer tout le monde en gueulant « ALIENNE » à chaque fois que sa nouille émerge de la bouche de sa conquête. Sûr qu’il a trouvé sa voie, le Dejecto Maximo. Mais, assez riz. Aidés des voisins et d’une machine à karaoké pour donner la mesure, nous parvenons à extirper Bourbier. Il a chopé sa suée, cet handicapé du volume et ça pue autant que dans une usine de Niok-Man. Avenant, tonton nous fait péter l’after shave de l’amitié dans de dés à coudre avec une femme à poil au fond. Raide murgé, je pisse dans un rice cooker en démonstration et m’écrie “bon, n’a pas k’ça à fout’” ce qui semble vouloir signifier un truc pas agréable dans le yaourt qui leur tient lieu de langue puisque ils sortent tous des couteaux Ginsu de leur poches et se ruent vers moi. Avec la vivacité d’esprit qui me caractérise, j’appelle Bourbier à mon secours. Le Lourd se retourne prestement et envoie son chibre flasque cingler sur les tronches fripées de mes assaillants. Cinq minutes plus tard, nous sortons dignement du commerce TCHANG les bras chargés d’ombrelles en bambous et du précieux matériel de notre oriental désorienté. Direction la planque des pochtrons venus de l’espace.

Un pequenot de ta circonférence ignore tout des raffinements des palaces de la capitale. Pourtant, ces temples de la luxitude et du cosmopolitisme parisien sont autant de planques à bougnoules friqués à coups de subventions pour le développement. Mah-tos nous attend sagement dans le hall du Georges V en lisant “Si Jeune et déjà Poney”. Mon plan est simple : trouver la piaule des vénusiens et leur casser la gueule”. Comment suis-je si sûr que mes oiseaux de l’éspace sont au Georges V ? Facile. J’ai reçu un chèque en blanc de ce vénérable établissement. En vieux routard des palaces du monde entier, je m’approche du comptoir du concierge de l’hôtel avec la démarche chaloupée de porteur d’American Express. Alors qu’il s’apprête à me sortir son sourire de lècheur d’anus et le registre qui va avec, je lui indique d’un “ta gueule” bref et sans accusé de réception que je souhaite un autre type de service. Il se renfrogne, le con. Heureusement, je défouraille mon arme secrète avant qui se mette à couiner ; une bouteille de Carré de Vigne millésimé Cuvée Auchan. Le loufiat extrait deux godets Arcopal de son guichet et miaule un “ça va me changer du Saint Emilion”. D’un coup de dent, je fais péter la capsule et je verse deux lampées du nectar abordable. On parle de tout et de rien : du temps, du foot, de l’influence du temps sur le foot, du pinard, des bagnoles, de l’influence du pinard sur le foot, des femmes, de l’influence des bagnoles sur les femmes, de la chasse, des étrangers, des vénusiens, de cette vie de cons, de ce boulot de cons, de l’influence de la connerie sur le foot … Enfin, il me braille dans la portugaise “c’est comme ces deux cons de vénusiens de la 322 qui m’ont fait chier pour trouver une Samsonite assez grande pour y ranger le champ de Mars…”. Aussitôt, je fais signe à mes troupes d’élite d’investir la chambre 322. Bourbier, dégueulisé en groom tient un plateau couvert d’une cloche d’argent sous laquelle Mah-Tos s’est planqué avec sa souflette magique. Et pendant que mes subalternes sauvent la situation, j’aide mon nouveau copain à dégazer la bouteille de colorant sublime. Le pulvérisateur d’extra-terrestres fonctionne avec une poudre de munster enrichie à l’ail pilé qui imite à la perfection les phéromones vénusiennes signifiant texto “l’émission est commencée depuis cinq bonnes minutes déjà”. C’est donc sans surprise que je vois les deux couillons verts entr’apperçus dans le Névada traverser le hall du Georges V comme si il y avait une distribution de mes oeuvres sur le trottoir d’en face. Affalé sur le guichet, je suis pris d’un rire nerveux et je me pisse au froc. Sensation sublime que cette chaleur moite sur ma guibole. Gai comme un pinson, je me mets à chanter alors que Mah-Tos revient seul en pleurant. Il m’explique que les saloperies venues d’ailleurs y sont retournées comme prévu mais que notre merdasse de Bourbier s’est fait une inhalation prolongée du produit et que ça l’a tellement excité qu’il est coincé dans l’ascenceur avec le chibre calé contre les boutons de commande. Le gars de chez OTIS devra sérieusement planquer son cul.

Après avoir dégueulé pendant des heures dans les gogues plaqués or de mon bureau, je rentre enfin chez maman. Le pavillon n’a pas changé de place. C’est comme ça depuis que mon dabe l’a acheté en 1948 avec la thune qu’il s’était fait en vendant ses recueils de blagues juives entre 41 et 45. Remarque, ça permet au courrier d’arriver. Ma Bugatti est sagement garée à côté de la rolls à pédales de mon petit neuveu San San. Ma vieille a préparé un repas de fête : raviolis et Flamby. Après, je fais du Lego avec la voisine et au lit.

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