Archives de mars 2008

Médiatribes (Biz)

La chanson québécoise est souvent niaiseuse… et parfois tellement inspirée qu’elle peut être lue sans musique :

– J’ai une bonne nouvelle À la maternelle, pendant qu’y jouait à la marelle Un ti-cul s’est fait ouvrir la cervelle à coups de pelle – Intéressant, t’as des photos ? – Évidemment – Y’a tu du sang ? – Non mais on distingue clairement les filaments blancs de l’encéphale de l’enfant sur ses vêtements – Excellent ! Je veux la réaction des parents, des professeurs et d’un gérant de quincaillerie, histoire de voir si le modèle de pelle à cervelle se vend bien dorénavant Allez mon gros, creuse-toi le cerveau, pis fais-moi un beau topo mélo On va jouer ça à la une On va faire fortune Voilà ce qu’on appelle une infortune opportune

[refrain] Sous l’emprise des entreprises, les médias médisent mais disent qu’ils analysent en toute franchise Sauf que tant qu’il y aura des valises, qui les écoutent et les lisent, ils écriront des bêtises à leur guise

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Habiter dans une pile de pneus

J’avais délaissé quelque peu l’autoconstruction pour me préoccuper de mon avenir professionnel. Quelques contacts récents m’ont toutefois remis sur la piste de l’habitat éfficace et des « Earthships » en particulier. Ce concept combine en fait une grande partie des approches antérieures comme les façades-serres, les volumes semi-enterrés, le bois cordé pour les superstructures et la terre comme masse thermorégulatrice. Il y ajoute l’usage de pneus en guise de structure portante enterrée, comme c’est parfois le cas dans des sites d’enfouissement de déchets conçus pour collecter le méthane. Espérons que le marché du pneu d’occase ne s’envole pas à son tour, privant les enthousiastes de leur nouveau matériau miracle.

Le temps des olives de ma tante.

Retranché derrière le pseudonyme équivoque de Marcel PIGNOLE j’ai écrit ce qui suit il y a une décennie.
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Le site à mangé mon illustration

Ne me demandez pas pourquoi mais je farfouille depuis peu et avec une alegresse certaine les entrailles fumantes du web deux point quelque chose à la recherche de sites de production graphique collabo-sociétale. C’est en repensant, avec une petite larme à l’oeil, à mes années de bonheur aux beaux-arts qu’il m’est revenu le souvenir de joyeuses parties de cocréation graphique. Et voila que je croise Polyvore, une moulinette à scrapbooking virtuel des plus poilantes à utiliser. L’interaction se limite au partage des gommettes mais ce machin peut facilement devenir un défouloir à graphistes ou un time waster pour A.D. En connaissez vous d’autres ?

EDIT : Je pars jouer avec Strip Generator, un site pour faire des comics en 3 cases sans crayon ni gomme

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Dans un genre moins rock’n’roll, je croise ce matin iBD avec quelques planches de pingouins drolatiques.

Mon chômage québecois passe à la télé

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Voila, la table ronde que Richard Martineau des Francs tireurs de Télé Québec à consacré à la difficile intégration des immigrants francophones dans le monde du travail québecois a été diffusée hier soir. Invité à causer par l’entremise amicale de la copine Myriam, recherchiste de l’émission, j’ai pu donner mon sentiment sur les réponses parfois un peu faciles que nos hotes québecois se font à eux-même pour expliquer les mauvais chiffres du chomage dans cette population nouvelle ; le parti pris de Martineau de passer outre l’argument vaseux de la sacro-sainte « maîtrise du françasi » me semblait en particulier un très bon point de départ.

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Au final, le montage a un peu forcé les traits des personnalité mais le discours est cohérent de part et d’autre : le marché de l’emploi est caché comme nulle part ailleurs, la collusion est entretenue par réflexe plus que par logique économique, le gâchis est évident. Peut-être ne se rend-on pas assez compte du « bagage » professionnel des participants.

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Mon regret : ne pas avoir abordé la question d’une immigration francophone gérée comme un « tourisme de longue durée » par des québecois très au fait du retour sur investissement de leurs politiques extérieures. Si, comme partout, l’immigration est une occasion de contenir les bas salaires, je crois qu’elle est ici également envisagée comme un moyen de booster l’économie locale. Les clients, même bons payeurs, ne sont jamais mentalement intégrés. Et puis, JE SUIS GROOOOS, surtout en contre-plongée…

40 ans dans un délire croissant

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La petite image ci-dessus nous montre la quantité de ressources communes – eau et air – que nous devons nous partager avant de les remettre dans l’état dans lesquelles on les a trouvé en arrivant. Je viens de vérifier, la population mondiale à quasiment doublé entre ma naissance et aujourd’hui (+/- 6,67 milliards contre à peine 3,5 en 1967). Durant cette période, la population étasunienne n’a cru que de 50% alors que le ménage moyen passait de 3,3 à 2,6 personnes. Car voila le plus surprenant, cette croissance s’accompagne d’une individualisation du mode de vie. Or, rien n’est plus préjudiciable à notre devenir commun que cet éffacement de la cohésion. Comment réinstiller un peu de sens de la communauté dans cette tribu mondiale ? Aux 200 000 bipèdes supplémentaires qui nous rejoignent chaque jour – 353 015 naissances pour 158 857 décès – je souhaite de trouver une réponse raisonnable.

L’Algéco de Coco

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Commandé par Karl Lagerfeld, déssiné par Zaha Hadid, encensé par le monde du design, voila enfin que le musée portable , pardon, la capsule culturelle de Chanel prend forme sur le toit d’un parking de Hong kong. Faut-il se réjouir de voir l’art ou ce qu’il en reste jouer les jetseteurs version camping de luxe ? Après la franchise Guggenheim près de chez vous, le Louvre se Pei un pyramide puis va aux Emirats et les expos tellement temporaires qu’elle ne durent qu’une nuit, l’art devient le pretexte onéreux d’une machine de relation presse à grande échelle vers les marchés grandssants du froufrou made in France. Cet anus artificiel blafard est-il la victoire ultime du packaging sur le contenu ? Ou peut-être est-il au contraire l’exacte image de l’époque actuelle, un gros supositoire de vie culturelle occidentale administré en urgence à un orient frénétique. C’est peut-être la version sublimée de la baignoire à portière Premier pour les vieux, un piège à cons très élaboré, beau comme une plante carnivore, qui viendrait déguster l’élite locale pendant que celle-ci se perd en conjecture devant les rayures de monsieur Buren.