Archive pour février 2008

Gagner des euros, payer en dollars

Depuis quelques heures, l’Euro vaut plus de 1,50 dollars US… ou canadien. Sans être un spectateur avisé des taux de change, j’avais bien remarqué que le dollar avait tendance à s’écraser un peu l’hiver pour mieux pomper les devises étrangères en été. Mais, en un an, cette gym vient de me faire « gagner » plus de 10% de pouvoir d’achat brut. Si on ajoute à cela le fait que le Québec veille à ne pas trop bousculer son marché alimentaire, c’est du coup un bon morceau du coût de la vie qui évolue positivement pour le nouvel immigré canadaien que je suis. J’en viens même à penser que, du coup, ces ruptures rapides de valeurs financières peuvent engendrer des mouvements de population plus imprévisibles qu’on veut bien le dire. On parle de ces retraités qui partent se mettre au chaud à Bali ou au Costa Rica, vivant comme des princes de leurs retraites en euros. On voit aussi des petits finauds rastas branchés ragga ou hard tek venir « passer l’été » à Montréal car la teuf y est moins chère qu’en France. On nous parle aussi de ces futurs réfugiés climatiques. De fait, le volume de personnes transportées par l’aviation civile n’a jamais enregistré une croissance annuelle aussi forte. Alors ? Tous routards ? Tous prets à plier les gaules pour éviter de payer trop cher le fait d’avoir des racines ? Pas encore, heureusement… mais ça s’en vient.

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Playstation en intraveineuse

Vous allez croire que je fais une fixette sur la futurologie en ce moment mais Raymond Kurzweil est intervenu hier à San Francisco dans le cadre de la GDC pour exhorter le monde du jeu vidéo à se préparer aux révolutions techniques qu’il entrevoit pour les deux décenies à venir. Il a décrit un futur ou la miniaturisation permettrait de créer des sortes de céllules synthétiqus intelligentes capables d’aller jouer des tours à nos systèmes cognitifs, de mélanger du virtuel à notre réel. Voila une vision bien positive des nanotech et de leurs applications médicinales. A cette échelle, un organisme autonome capable d’influer chimiquement sur son environnement d’appelle un microbe. Qui, dans 20 ans, acceptera de se faire « polluer » pour le plaisir d’une simulation ? Il faudrait de sacrés game designers pour me convaincre. Je propsoe que quelqu’un se dévoue pour jouer à Grand Theft Auto sous LSD pendant un après-midi et on reparlera du futur sous une forme plsu concrête.

Un lien vers un point de vue autrement plus développé que le mien, celui de Rudy Rucker.

Un futur sans futurologues ?

Dans la série « je vous le conseille et je vous le traduis », jetez cinq minutes et votre dévolu sur l’excellent article de Robert Cottrell intitulé « The future of futurology ». L’auteur y massacre avec une rare justesse le charlatanisme qui a progressivement remplacé les efforts prospectifs des premiers « Think tanks » par du verbiage creux et des après-midi coloriage pour grands patrons. Mais il établit quelques pincipes pour continuer à imaginer l’avenir. L’article traduit « sans permission préalable » après le saut de paragraphe…

Lire la suite ‘Un futur sans futurologues ?’

Votre révolution : sur place ou à emporter ?

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Même si j’ai depuis longtemps calmé ma frénésie hambourgeoise, je fais partie de cette première génération d’européens à avoir expérimenté le principe fast food : gras + sucre + vite + pas trop cher = on revient demain parce que mon cerveau l’a décidé. J’ai également aquis la certitude que les prochaines révolutions sortiraient des esprits rationnels et dangereux des financiers de la malbouffe. En voici une nouvelle preuve… et elle n’est pas étasunienne. Le principe, bien connu des habitués des cocktails dinatoires, consiste à poser son assiette ou son bol sur son verre afin d’assurer à l’ensemble un transport décontracté avec une seule main. Transposé au monde farouche de la bouffe rapide par des sud-coréens entreprenants, cela devient le Col-Pop (ici présenté par Serious Eats). Non seulement cet emballage n’est pas excessivement complexe mais il combine plusieurs intentions : faciliter le takeout de façon à réduire l’encombrement des salles à manger des établissements, réduire le temps entre l’ingestion de gras et de sucre mais aussi, et surtout, accélerer la consommaion globale par l’auto-détérioriation de l’expérience gustative. Là, je m’explique : ce qui rend notre cerveau dingue de plaisir, c’est la collision d’infos contradictoires, leur succéssion rapporchée serait plus juste, le sucré – gras – sucré – gras mais aussi le chaud – froid -chaud – froid. Le Col-Pop organise le refroidissement des boulettes de poulet, leur afadissement, tout en favorisant le réchauffement accéléré du soda. Si le cerveau s’en rend compte, il accélèrela consommation. Sacrée cervelle, une vraie junkie.On attend l’étape suivante qui verra probablement apparaître une forme de nourriture solide préhensible directement avec la bouche – une sorte de saucisse sur enrouleur ? – de façon à offrir une consommation totalement limitée à une main « propre » tenant le récipient.

PSALJ : Pas Sécuritaie A La Job

Dire moins, dire mieux

Le mois dernier, cette très modeste page s’est contentée de 7 posts courts en français en lieu et place des 30 feuillets bilingues des mois précédents. Des échanges que j’ai eu avec vous tous, mes lecteurs préférés, il ressort que nous avons parlé bien plus de ces quelques sujets que de la masse de machins dont j’abreuvais ce bout de WordPress pendant les derniers mois de 2007. Même à l’échelle d’un micro lectorat, le »trop » dans « trop d’info tue l’info » est très vite atteint. Nos cervelles de grands singes omnivores ont encore bien du mal à digérer une trop grande diversité de sujets d’interêt. Je l’avais vérifié en « vendant » des jeux via l’interface minimaliste des téléphones mobiles ou en faisant des « unes » de magazines mais la persistence de cette regle à l’échelle de la communication individuelle est une révélation. Pour produire un signal clair, comestible pour les autres, il faut commencer par limiter drastiquement sa capacité de communication, la focaliser. La restriction est le siège de la créativité ; profitons-en.