Tiens, le Québec se met à encenser ses “petits créateurs de très petites entreprises”, saluant dans un style digne des meilleures années de la propagande soviétique ce triste mirage qu’est l’activité individuelle. En 2007, près de 50 000 québécois ont adopté le statut de travailleur autonome, représentants à eux seuls plus de la moitié des créations d’emploi constatées. Le probleme, majeur, de cette évolution émancipatrice réside dans la double contradiction qu’elle est à la fois condamnée à l’échec et qu’elle affecte de surcroit très durablement les mécanismes de création et de survie des entreprises plus structurées.
Elle est condamnée à l’échec car, à moins de recourir à des taux de marge incompatibles avec le marché, un individu seul ne peut pas dégager assez de revenu pour faire prospérer son entreprise, la condamnant de fait à rester dans un état de précarité absolue. Sa seule capacité plausible d’évolution vers un format plus pérenne consiste en une association avec un ou plusieurs autres indépendants, avec tous les risques de dérives et de comportements individualistes que cela sous-entend. L’histoire de l’entrepreneurship se souvient souvent plus de “couples” efficaces que d’agrégats à posteriori. Le célibat entrepreneurial est une voie de garage.
Mais le business solitaire ruine également le marché potentiel des PMEs en lui appliquant une concurrence d’autant plus féroce qu’elle à trait à la survie économique d’un individu et de sa famille. Le solitaire et sa TPE pourra toujours se positionner en “moins disant” sur un devis et s’accorder une souplesse plus grande quant à l’exécution des ordres.Il ne pourra jamais se positionner comme acteur social du développement de ses employés, de sa communauté ou, même, de son pays.
Aussi, je trouve absolument MISERABLE que la prese économique fasse aussi odieusement l’apologie d’une dérive catastrophique en la confondant - sans sincérité - avec du courage.
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